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Retour au pays du tapir et de l'ibis rouge Mars 2000. Nous posons à nouveau le pied en Guyane , cette vieille connaissance où nous sommes accueillis chaleureusement par nos amis Olivier et Nathalie Letellier. Il fait 40°C, lhumidité maximale ambiante nous transforme en éponges instantanément, et nous ramène au bon vieux temps ... En 1988 et 89, Jean-François travaillait comme vétérinaire à Cayenne, et sillonnait avec Olivier toute la Guyane d'élevage de zébus en élevage de cochons ... pendant que jarpentais les plages toute la nuit pour compter les tortues luths venues déposer leurs oeufs. Cayenne est ensuite resté pour nous le point de départ de nombreux voyages à moto, mais aussi dexpéditions "marche forcée" ou "pirogue extrême" dans toute la Guyane. Cest ici en 1992 que nous nous essayons à la caméra et réussissons à filmer la seule colonie d'ibis qui niche alors en Guyane. Qu'est devenue aujourd'hui cette population bien fragile par rapport à celles du Brésil et du Vénézuela? Nous voudrions connaître son évolution. Un autre animal nous avait également intrigués lors des sorties en forêt ou en pirogue, un rôdeur invisible, probablement aussi difficile à voir que le jaguar : le tapir. Xavier Desbois, le jeune directeur de la nouvelle réserve de l'Amana, nous propose son aide, et celle de sa famille. Jeremy, son beau-père, indien Brésilien et chasseur repenti, n'a pas son pareil pour débusquer les tapirs, et accepte de nous guider. Il siffle les tapirs à laide dappeaux en bois de mombin (un arbre aux délicieux fruits jaunes). Pour cela, il faut remonter en amont dune crique (rivière) peu fréquentée, opération qui nest pas sans difficulté. Après avoir réussi à dégoter un moteur, une pirogue et un gros pick-up américain chez notre ami Xavier Lo Pinto pour tirer le tout, nous partons pour le bourg de Mana à 250 kms à louest de Cayenne. Jeremy est prêt . Charlette, son épouse amérindienne, a lhabitude de voir son mari partir plusieurs jours en forêt. En lattendant, elle confectionne des poupées de perles ; leurs deux garçons Mickaël et Serge piaffent d'impatience ; ils manqueront l'école pour nous accompagner. Julie quant à elle, préfèrerait rester avec la petite soeur qui joue les équilibristes sur une poutre posée entre deux barils dessence ! Ce
soir, la lune sera pleine . Nous retrouvons Xavier Desbois et les gardes de la réserve sur la plage de Mana, à son extrémité la plus sauvage. Cest par ici que rôde un jaguar apparemment suivie dun jeune si lon se réfère aux traces laissées dans le sable. Tous les matins, celui-ci parcourt la plage sans doute prêt à surprendre une tortue Luth retardataire ? Nous étudions la possibilité de construire un affût pour observer le maître des lieux ; difficile Les tortues, elles, sont plus faciles à observer ! Nous faisons également la connaissance de Jean-Philippe Magnone qui travaille dans la " réserve macourienne ", le parc zoologique le plus important du département. Il élève Tami, un jeune tamanoir, qui joue comme un chat. Le tamanoir ou grand fourmilier est un des animaux les plus menacés de Guyane. Le
" camp Cisame " est une des infrastructures touristiques
les plus réussies de Guyane Olivier Tostain est ornithologue. Chargé par le Centre National dEtudes Spatiales (CNES) de mesurer limpact des retombées de la fusée sur la colonie dIbis rouge qui niche sur son territoire, il est pour nous un intervenant privilégié. Mais toute action sur le site doit répondre à des mesures de sécurité maximales. Julie ne pourra nous accompagner. Quant aux fenêtres de tir, seules dates du calendrier nous permettant de nous rendre au nichoir des Ibis situé dans les vasières dune côte inhospitalière, elles nous laissent bien peu de temps pour manuvrer. De plus, il nous faut un bateau puissant muni dune petite chaloupe pour nous rendre aux abords de la mangrove. Dès que nous aurons déterminé lentrée du nichoir, nous devrons avancer dans la boue pendant près dun kilomètre et alors seulement, Olivier prélèvera quelques plumes sur un jeune oisillon pour analyser leur teneur en éléments anormaux. Nous serons aidés dans cette opération par Eric Hansen et la patrouille de lONC. Le CNES nous donne bientôt son feu vert ! Malheureusement, un tir dAriane nous empêche deffectuer un repérage Tout devra se faire sans filet lors de larrivée de léquipe de tournage. Risque maximal encore une fois !
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