qui sommes-nous ? le projet nos stars tŽlŽ nos autres protŽgŽs la sŽrie tŽlŽ

 

 

 

 

 

Sur les traces du lycaon...

Le lycaon (Lycaon pictus) appartient à l’ordre des carnivores, famille des canidés, genre lycaon. Le chien domestique et le lycaon, d’apparence proche, auraient suivi deux lignées évolutives différentes à partir d’un ancêtre commun très ancien. Ils sont donc en fait relativement éloignés. Le lycaon, à la différence du chien, ne possède jamais d’ergot (cinquième doigt vestigial).
Il pèse de 25 à 35 kg avec peu de difference entre le mâle et la femelle et mesure de 70 à 80 cm au garrot. Le lycaon peut courrir à plus de 60 km/h. La gestation est de 9 semaines. Sa longévité va de 6 ans dans les zones à forte consanguinité (Gus Mills), ou à grande concentration en lions et hyènes à 9 ans environ dans la nature.

Lycaon pictus, littéralement le loup bariolé.

Avec ses oreilles rondes et noires, sa robe fauve, noire, grise et blanche, ce chien sauvage haut sur pattes est parfaitement adapté à la savane arborée africaine, son milieu de prédilection. Au bout de sa queue, un toupet blanc est commun à tous les lycaons. La patron de la robe, lui, est caractéristique de chaque animal et constitue une véritable carte d’identité, bien utile aux biologistes qui veulent differencier chaque individu.

Les lycaons sont nomades, en tous cas une grande partie de l’année. Ce n’est qu’en période de reproduction qu’ils se fixent autour d’une tanière pendant prés de trois mois (de fin juin à septembre). L’unité de structure sociale est la meute qui est dirigée par un couple dominant : le mâle alpha et la femelle alpha. Ce sont eux qui se reproduisent préferentiellement. Le femelle peut avoir jusqu’à 17 petits dans une portée. Dans les meutes importantes, une autre femelle peut également avoir une portée que la femelle dominante adoptera ou tuera selon les cas. Toute la meute aidera ensuite le couple dominant à élever la portée.

Les lycaons parcourent plusieurs dizaines de kilomètres par jour et chassent une à deux fois par jour en fonction du nombre de chiens de la meute. Une meute de trente lycaons est de nos jours une grande meute alors qu’au début du siècle on comptait parfois jusqu’à cent individus au sein du même groupe. C’est bien sûr ce mode de vie qui est à l’origine du déclin de l’espèce : le lycaon a besoin d’espace, de beaucoup d’espace... Il entre donc en conflit avec l’homme dont il traverse le territoire. Il s’attaque parfois au bétail et consomme aussi trop de gibier selon ce dernier... "Il attaque des animaux malades ou amoindris" répondent les biologistes... Mais ce nomadisme n’est pas la seule raison de ses malheurs : les épidémies et notamment la rage et la maladie de Carré lui ont joué de sales tours en Afrique de l’est où les effectifs ont été décimés. La fièvre charbonneuse a fait des ravages en Zambie (1987). Il fut également sciemment éliminé à l’interieur des parcs, il y a peu de temps encore, dans le cadre de la régulation des carnivores ou pour son mode de chasse cruel ! En terme de chasse, la meute est en effet d’une efficacité redoutable. Chaque individu a sa place et toutes les actions sont coordonnées. Comme le lycaon est un coureur d’endurance, il laisse rarement échapper sa proie, un impala (dans 50 à 80% des cas), ou parfois un phacochère ou un gnou qu’il mord au museau, provoquant un état de choc tandis que ses congénères l’éventre en quelques rapides minutes... Il peut aussi chasser de jeunes zèbres ou buffles. Il ne se comporte jamais en charognard. Le lycaon sait aussi être un parent des plus attentionnés, laissant les jeunes et les femelles pleines festoyer en premier lieu. Sociable comme le loup dont il se rapproche à bien des égards, (comme lui, il régurgite la nourriture pour les jeunes) le lycaon est victime de sa mauvaise réputation. Comme lui, il empiète sur le territoire des hommes...
Présents il y a cinquante ans dans dix neufs pays africains, le lycaon ne peut plus espérer survivre à l’avenir que dans quatre d’entre eux, tous dans l’hémisphère sud...Ce sont: Le Botswana, le Zimbabwe, l’Afrique du sud, la Tanzanie. La Namibie et la Zambie hébergent des populations non négligeables.

Il est après le loup d’Abyssinie, le carnivore le plus menacé d’Afrique...

Les estimations actuelles sont d’environ 3 500 individus sur le continent : 1 000 au Botswana dont 700 à 800 dans le nord du pays, 700 dans l’ouest du Zimbabwe, 400 au Kruger park (Af. du Sud), 1 000 dans la réserve de Selous en Tanzanie et 300 en Namibie... (+ environ 15 meutes dans tout le Kenya en 1993 mais diminution depuis, et 6 meutes en Ethiopie en 1993).
Entre 1956 et 1961, 3 000 lycaons ont été abattus au Zimbabwe. En Zambie, de 1945 à 1959 se sont plus de 5 000 individus qui ont été éliminés par le "Vermin Control Unit" auxquels s’ajoutent les lycaons tués contre récompense officielle...

Aujourd’hui le lycaon est un animal hautement protégé. Il attire de plus en plus les touristes en quête d’espèces rares dans les parcs où il existe et intéresse donc de plus en plus les autorités.

Causes de mortalité naturelles :

1) Les lions qui s’attaquent en particulier aux jeunes lorsqu’ils commencent à suivre la meute à la chasse. Il peuvent également attaquer les adultes lorsqu’ils veulent leur voler leur proie.
2) Blessures et fractures survenues lors de la chasse.
Les hyènes sont plutôt des concurrentes: elles aiment surtout voler les proies tuées par les lycaons. Il faut que les lycaons soient quatre fois plus nombreux que les hyènes pour conserver leur proie (J.W. Mc Nutt)
3) Les épidémies

Causes non naturelles :

1) Les accidents de la route
2) Les fermiers qui les accusent de décimer leurs troupeaux ( lycaons abbattus ou empoisonnés)
3) Les pièges et les collets posés par les braconniers qui pourtant ne les visent pas directement.

Où peut on espérer le voir et quand ?

Le lycaon est nomade tout au long de l’année dormant chaque nuit à un endroit différent. Durant la période de reproduction cependant, la meute se stabilise autour d’une tanière, ( la femelle peut cependant changer de tanière à l’intérieur d’une même zone si des dangers extérieurs se présentent). C’est alors la meilleure période pour observer les lycaons. Elle s’étale généralement de fin juin à fin septembre. Durant les dernières semaines, les jeunes quittent la tanière à plusieurs reprises pour apprendre à chasser avec les parents. Les jeunes quittent définitivement la tanière à 13 semaines (Gus Mills).

En liberté :
Les plus grands effectifs se rencontrent au Botswana et au Zimbabwe. Au Botswana, il faut se rendre dans la réserve de Moremi située dans le delta de l’Okavengo. Au Zimbabwe, le parc de Hwange est le plus favorable. Autour de ce parc, des lodges privés et des fermes abritent des meutes qui se déplacent sur leurs terres. (voir le travail de Greg Rasmussen). On peut également bien les observer dans quelques parcs d’Afrique du Sud, notamment au Kruger park, à Umfolozi Hluhluwe dans la province du Natal, ainsi que dans les réserves cloturées de Madikwe game reserve et Pilanesberg national park au nord ouest de Pretoria. Vient ensuite la reserve de Selous au sud de la Tanzanie où il est plus difficile de les localiser malgré une population importante et prometteuse pour la survie de l’espèce. Ils sont très difficiles à voir en Afrique de l’Est (Tanzanie et Kenya : environs du parc de Samburu). Ils ont disparu du reste de l’Afrique alors qu’on les trouvait auparavant jusqu’au portes du Sahara. Il existe une toute petite population isolée au Sénégal dans le parc du Niokolo Koba.

En captivité :
En Afrique du sud : non loin de Prétoria, le "De Wildt Cheetah Research center" possède plusieurs lycaons en captivité. Lors de notre passage, le centre avait aménagé une tanière dont l’un des côtés comporte une vitre teintée à travers laquelle on peut observer une femelle et ses petits en période de reproduction.
Dans les zoos européens et français.

 

 

 

lycaon | programme scientifique | voyage | carte | tournage | carnet de voyage