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Voyage : à la recherche du léopard d'Arabie Le 16 Février 1999 à l'aube, atterrissage au Yémen, avec la petite Julie dans les bras et quelques nuits de retard... Le Yémen est le pays qui abriterait encore, avec Oman, le plus grand nombre de léopards d'Arabie en liberté. Ils y sont capturés régulièrement et aucune mesure n'est actuellement prise pour leur sauvegarde. Nous y retrouvons un vétérinaire français, Stephane Ostrowsky et son équipe franco-saoudienne : la rumeur a couru quun léopard venait dêtre capturé. Ils sont venus pour en savoir plus : le véritable but ? Acheter lanimal si c'est une femelle, la ramener en Arabie Saoudite et démarrer un programme de reproduction en captivité avec les 2 léopards mâles déjà présents au centre d'étude de la faune sauvage de Taïf. L'animal est enfermé dans une cage minuscule, dissimulé sous des palettes de bois dans un faubourg sablonneux de Sana'a : cest un mâle. Nous ne pouvons malheureusement pas filmer cette séquence comme prévu avec notre caméra. Mi-chasseur, mi-traficant, le propriétaire, méfiant, a changé d'avis au dernier moment et a refusé l'anesthésie de son léopard. Il faut dire que celui-ci peut se négocier près de 150 000 FF ! Première déconvenue arabe ! La seconde ne tarde pas à sannoncer Nous ne pouvons visiter la zone, à deux heures au nord de Sana'a, où a été capturé lanimal, en raison du peu d'empressement d'un membre du ministère de l'environnement yéménite et des problèmes de sécurité suite aux enlèvements. Peut-être navons nous pas fait tous les cadeaux nécessaires ? Pour la suite, nous trouvons auprès de l'ambassade de France un soutien efficace et les obstacles sestompent en partie. Sana'a est une ville de rêve pour Julie qui n'avait jamais vu autant de "Princes" (les Yéménites coiffés de leur chech rouge et blanc) de "tours de châteaux " (les minarets) et de belles églises (les mosquées). Emerveillement est le mot qui convient pour la petite Julie ! Billet davion pour Dubaï. Après un survol de l'Empty Quarter, le désert de sable qui couvre une grande partie de l'Arabie, et empiète sur Oman et le Yemen, nous atterrissons sur une mince frange côtière habitée qui s'avère être une ville en plein essor avec éruption de gratte-ciel à un rythme effréné. Dubaï est une oasis surprenante ! Passer sans transition des femmes entièrement voilées et gantées dans l'avion de la Yemenia, aux étudiantes en pantalons moulants est surréaliste! Il faut deux jours de navigation entre les bureaux de la douane, avant que Jean-François ne parvienne à extraire le Toyota de la zone portuaire; Il arrive du Havre. Nous le retrouvons enfin, mais vide, allégé pendant le trajet de tous nos vêtements et d'une très grande partie de notre matériel de camping (plus trousse à outils etc...). Voilà qui ne simplifie pas notre tâche Mais nous voilà autonomes pour poursuivre notre enquête. Quelques échangeurs d'autoroute plus loin, et toujours au milieu du désert nous débarquons chez Marijcke, notre amie Hollandaise qui dirige le Desert Park de Sharjah (Emirat voisin de Dubaï). Elle a fondé l'A.L.T., l'Arabian Leopard Trust, une association pour la protection de l'habitat et la reproduction en captivité du léopard et d'autres espèces localement menacées. Nous avions rencontré cette hollandaise passionnée lors de notre passage dans la région à moto en 95, et devions même devenir les vétos de son centre si les budgets n'avaient pas été réduits entre temps. Marijcke nous fait visiter son Musée d'histoire naturelle qui n'a rien à envier aux musées européens, ainsi que le zoo qui doit ouvrir ses portes en Mai. Mais nous ne voyons toujours pas le bout de la queue de notre léopard pourtant présent dans le centre adjacent. Question d'autorisation sexcuse Marijcke, autorisation réclamée depuis plus de 2 mois... Et sans autorisation, pas de visite! Nous devons maintenant attendre 15 jours l'accord du Sheikh. Nous quittons quelques jours cette ambiance pesante pour aller crapahuter dans les montagnes de Musandam, la péninsule partagée entre Oman et les Emirats qui pointe vers l'Iran et délimite le Golfe Persique. Moaz, un fervent membre de lArabian Leopard Trust, nous accompagne sur cette zone qu'il parcourt à longueur d'année pour y déceler les traces de la présence des léopards. De retour à Sharjah nous décidons de répondre à l'invitation de nos amis français et saoudiens rencontrés au Yémen 3 semaines auparavant. En attendant que les autorisations de filmer se débloquent ici, nous pouvons aller visiter leur centre détude de la faune sauvage. Nous chargeons la voiture et partons enfin ! Au programme, 2000 kilomètres d'autoroute dans le désert saoudien sans quIsabelle puisse relayer JF au volant : une femme surprise à conduire en Arabie Saoudite se voit immédiatement gratifiée dune inscription sur la liste des exclus définitifs du pays. Julie, elle, n'y voit aucun inconvénient puisque sa maman peut ainsi jouer avec elle toute la journée dans son 4X4, seul élément stable de sa nouvelle vie, et qui semble la rassurer. A Taïf, l'accueil est chaleureux. Sans tarder, nous rendons visite aux deux léopards. Enfin nous découvrons la bête ! Cest plutôt rassurant ! Le centre abrite principalement des outardes (oiseaux traditionnellement chassés au faucon) et des oryx d'Arabie. Nous projetons déjà avec Patrick Paillat, le directeur du centre, et Abdul Rhaman, son homologue saoudien, une escapade vers un escarpement où les léopards sont aperçus régulièrement. Nous pourrions y mettre une chèvre-appât et tenter de les photographier. Patrick aurait ainsi la première pièce pour monter un projet de réserve dans cette zone où survivent les derniers léopards du pays. Nous devons également rencontrer là-bas des chasseurs qui pourraient se transformer en rangers. L'un d'eux à fait empailler le léopard qu'il a tué il y a trois ans. Nous prévoyons aussi d'aller voir des gravures rupestres représentant notre animal. Il sera également aisé de filmer ici les proies du léopard, comme les babouins Hamadryas, qui vivent dans des paysages de montagne grandioses. Nous passons nos journées en repérage avec les différents chercheurs du centre, à donner un coup de main à Stéphane pour flécher ses oryx, les vacciner et faire des prises de sang. L'échéance du début du tournage approche maintenant puisque l'équipe atterrit le 23 mars 1999 au Yémen pour 3 semaines en notre compagnie. Nous la retrouverons là-bas si nous réussissons à passer la frontière avec notre véhicule ! Espérons que l'horizon des autorisations de filmer se sera éclairci d'ici là, Inch Allah! Nous finissons donc notre reconnaissance en Arabie Saoudite sur les chapeaux de roues avec une tournée expresse entre le marché aux animaux sauvages de Jhuba et une visite à l'escarpement des léopards, ajoutant ainsi 1800kms au compteur.
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