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La sauvegarde du léopard d'Arabie

Il n’existe pas de léopard d’Arabie en dehors de la péninsule arabique. Captifs ou libres, ils sont disséminés principalement entre le sultanat d’Oman, le Yémen et l’Arabie Saoudite. Quelques individus survivraient également au nord des Emirats Arabes Unis, dans la péninsule de Musandam. Moins de 150 à 200 léopards libres seraient répartis entre ces différents territoires.

Les premiers à s’être intéressés à la conservation du léopard d’Arabie sont les omanais sous la conduite de Ralph Daly, conseiller du sultan pour les questions d’environnement.

Au début des années 80 une petite population de léopards survit dans la région du Dhofar, frontalière avec le Yémen, une autre au nord dans la péninsule de Musandam. Les omanais tentent de capturer quelques léopards au nord, sans succès. Ils capturent 4 individus dans le Dhofar : un des léopards meurt pendant le transport. Le but ? démarrer un programme de reproduction en captivité. Seul naît un jeune. Il meurt abandonné par sa mère au bout d’un mois. C’est un échec. Il est alors décidé de ne plus prélever d’animaux dans la nature tant que la technique de reproduction en captivité n’est pas maîtrisée. Il est également question de créer une réserve naturelle dans le Dhofar, région encore inhabitée, pour y réintroduire les animaux issus de cette reproduction. Dans cette même région, David Willis, un naturaliste australien autodidacte, filme pour la première fois le léopard d’Arabie en liberté à l’aide d’une caméra à déclenchement automatique.

Fin 1996, la technique de reproduction s’améliore enfin et 5 jeunes léopards issus du dernier couple reproducteur survivent. L’un d’entre eux prendra bientôt la direction des Emirats pour un programme de reproduction incluant les deux pays.

Pendant ce temps, en 1986, 4 léopards sont abattus aux Emirats Arabes Unis (EAU) dans la presqu’île de Musandam.

Un autre en 1992, puis un deuxième un peu plus tard. Marijcke Jongbloed, alors médecin, mais naturaliste dans l’âme fonde l’"Arabian Leopard Trust" en 1993 à Dubaï. Elle recueille des fonds auprès des sheikh locaux, lance des programmes de sensibilisation auprès des fermiers et acquiert même un léopard au Yémen détenu par un forain qui en fait l’exhibition. Un pas important est franchi lorsqu’un haut dirigeant local arabe fournit un terrain pour l’établissement d’un centre de reproduction, d’un zoo et d’un muséum d’histoire naturelle dans l’Emirat de Sharjah. Cinq léopards y résident en 1999 et une première insémination artificielle a lieu dans le centre en février 99. De plus il existe une coopération entre les EAU et le sultanat d’Oman qui a prêté la jeune femelle en vue d’un accouplement avec Arnold, le mâle yéménite. Il en résulte la naissance d’un jeune léopard en février 99.

Au Yémen justement, l’urgence est actuellement à la création de réserves naturelles pour protéger les derniers léopards victimes d’un marché florissant.

En effet, de riches princes arabes sont prêts à payer très cher pour l’obtention d’un léopard : plus de 150 000 FF dit-on. Le fait que l’on sensibilise les populations et les dirigeants à leur rareté n’a donné que plus de valeur aux léopards. Pourtant dans la région de Wa’ada, une moyenne d’un léopard par an est capturé chaque année… Un léopard a été capturé en février 99. Il est temps d’agir, de mettre sur pied des missions scientifiques qui puissent aider à délimiter les zones à protéger et dénombrer les derniers léopards.

En Arabie Saoudite, le léopard n’était pas encore officiellement protégé au début de l’année 1999.

Il resterait moins de 50 individus dans ce pays. Là encore, l’avenir du léopard d’Arabie dépend de la création de réserves dans l’escarpement rocheux qui longe et surplombe la Mer Rouge. Une première étape consisterait à fournir les preuves de l’existence de léopards dans cette région en posant des pièges photographiques dans les endroits susceptibles d’abriter les derniers léopards. Le NWRC de Taïf (National Wildlife Research Center) qui compte de nombreux chercheurs français pourrait être à l’initiative de cette campagne.

Une chose est certaine dans ce pays comme dans les autres : seule la conservation des derniers léopards dans leur milieu naturel peut à l’avenir sauver de l’éradication ce mystérieux et magnifique félin.

Contact :

Arabian Leopard Trust, Marijcke Jongbloed

e-mail : mjongbld@emirates.net.ae

 

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