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Tournage kangourou arboricole

C’est le tournage le plus chanceux de toute la série ! L’intérêt du film reposait sur la réussite de l’expédition au sommet de "Crater mountain". Grâce à une extraordinaire équipe de pisteurs et de chasseurs papous, nous avons réussi là où les chercheurs américains ont jusqu’à présent éprouvé beaucoup de difficultés. L’expédition a alors pris une autre dimension. En attrapant trois kangourous dans une zone qui avait été délaissée par les chercheurs, nous avons apporté notre contribution à la connaissance du kangourou arboricole, consignant nos expériences et recueillant des échantillons rares. Le tournage s’est alors transformé en expédition scientifique…

Fred Cebron, réalisateur et cameraman, Nicolas Schlomoff au son et Axel Ferrault assistant opérateur constituaient une équipe entièrement nouvelle pour ce cinquième épisode.
Nous les avions prévenus : un équipement de montagnard et le moins de matériel possible étaient les deux consignes de préparation pour ce tournage. A leur arrivée, nous calons un première séquence au " Rainforest Habitat ", un parc zoologique de qualité où l’on peut approcher et détailler le Kangourou de Matchie que nous ne verrons pas ailleurs puisque sa distribution est limitée à la péninsule de Huon, loin de notre itinéraire à venir.

C’est ensuite le départ pour  Crater Mountain".
Deux vols successifs sont nécessaires pour acheminer l’équipe et le matériel. Au village de Maïmafu, nous devons surmonter un premier écueil. Le chef du village estime que Wedei et Simit les chefs pisteurs de la première expédition-repérage, ont eu leur part du gâteau et qu’ils doivent maintenant laisser leurs places à d’autres hommes du village. Or la réussite de cette expédition tient au fait que tous les deux savent exactement ce pourquoi nous sommes venus. Ils ont été de plus déçus de ne pas capturer de kangourou et sont très motivés par cette seconde opportunité. Une demi-journée de tractation est nécessaire pour arriver à nos fins. Nous devons ensuite répartir les charges entre les porteurs : ils seront dix. Les rations sont lourdes : riz, patates douces, café et lait concentré, voilà le plus important pour entretenir le moral des troupes ! Henli, le chef du groupe demande à porter Julie. Jusqu’au dernier moment, nous hésitons ; la marche est difficile, dangereuse mais nous avons confiance dans ces hommes aux pieds sûrs…

Au deuxième jour de marche, Simit repère un kangourou au bord d’une falaise.
Il réussit à le capturer sans le blesser. Pour nous, c’est un profond soulagement : nous avons maintenant des images de kangourou dans la nature. Fred filme sans artifice la manipulation de l’animal, les prélèvements. C’est une chance incroyable que les scientifiques américains nous envieront sûrement ! En trois campagnes, ils n’ont pas attrapé de kangourou vivant. L’un d’entre eux a même été tué par les chiens…

Dans les jours qui suivent, nous attrapons encore deux kangourous !
Nous filmons la façon dont les Papous les transportent traditionnellement, nous obtenons des scènes on ne peut plus naturelles. Nous sommes dans les brumes à plus de 3000 mètres, de temps à autre un oiseau du paradis apparaît. Notre camp de base est, si ce n’est confortable, du moins pratique et notre équipe est fantastique. Nous vivons de grands moments…

Au retour pourtant, des orages d’une autre nature menacent … D’une part l’équipe est épuisée par cette expédition : Sommeil difficile, terrain très accidenté et efforts intenses ont eu raison de nous. Il faut prendre du repos si nous voulons finir le tournage dans de bonnes conditions. D’autre part, un malentendu auquel nous sommes étrangers sur le salaire des porteurs nous met à la merci du village. Cela pourrait au mieux retarder notre départ… Encore une bombe à désamorcer ! Mais tout finit par rentrer dans l’ordre.

Après un bref mais indispensable repos, nous partons à l’assaut de Tari, le bastion des Hulis, dans le but de montrer les méthodes de chasse traditionnelle.
Nouvelle expédition ; les mollets plus raides que jamais nous repartons en forêt avec Paliera. Un refuge sommaire tient lieu de camp de base. Cette fois-ci, les femmes sont de la fête : elles portent mais ne pénètrent pas dans le refuge la nuit venue.

De retour à Goroka, une scène spontanée apporte de l’eau à notre moulin : sur le marché, un kangourou arboricole est à vendre dans un sac de toile : 450 FF… Nous sommes le 4 juillet 2000, le tournage touche à sa fin ; une mission accomplie sous une bonne étoile ! Puisse-t-elle nous accompagner encore longtemps sous le ciel brésilien ! Nous repensons à ce jour où, en Arabie Saoudite, Alain Rastoin, avait failli écraser les cassettes de rush en reculant avec le 4X4 à la fin du tournage. Ce jour là, l’étoile veillait déjà sur nous…

 

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