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Voyage
: à la poursuite du fosa amoureux
Madagascar,
août 99. Nous avions déjà suivi les traces du Fosa
en 1994 en compagnie de Clare Hawkins une chercheuse écossaise
et, si nous avions pu aider Clare en capturant cinq spécimens,
jamais nous navions pu observer le prédateur en liberté
Cette
fois, Clare ayant quitté les lieux, nous navons quun
seul indice pour démarrer notre enquête sur le fosa :
un nom
Luke Dollar est un jeune scientifique américain qui
sintéresse aux carnivores malgaches et particulièrement
au fosa.
Tamatave-Tananarive
: formalités laborieuses...
Pour remonter jusquà lui, il nous faut une fois de plus surmonter
lobstacle des douanes du port de Tamatave pour récupérer
notre 4X4 en provenance de lAfrique du Sud
Un aller-retour
sur Tananarive pour arpenter les couloirs du ministère savère
indispensable pour faire avancer les formalités
Moyennant
quoi, en moins dune semaine, nous sommes sur les pistes
Le
4x4 a déjà avalé plus de 30000 km en six mois !
Direction
Majunga et la réserve dAnkarafantsika au nord ouest de lîle.
Nous y retrouvons Luke qui a capturé puis relâché
la veille le seul fosa de son séjour
Plus de mille kilomètres
pour rien
Non ! pas vraiment
Puisque Luke évoque
lexpédition quil prépare dans une forêt
primaire intacte mais reculée, une des plus belles de lîle,
sur la côte est. Elle a le statut de R.N.I., réserve naturelle
intégrale, et il faut 2 à 3 jours de marche à partir
de la dernière piste carrossable pour en atteindre la lisière
Cest la forêt de Zahamena. Son objectif : un recensement
des carnivores de la forêt. Luke sera accompagné de son équipe
malgache. Ils resteront plusieurs semaines dans leur base en forêt.
Luke finit par nous proposer de le suivre là-bas, mais avec Julie ?
En échange nous lui parlons dun massif désolé
où subsisterait une forte population de fosas. Cest Roland
Albignac, qui a travaillé le premier sur cet animal, qui nous a
conseillé de nous rendre dans le Bongolave
Pas
une habitation à des dizaines de kilomètres à la
ronde
Nous circulons sur des crêtes denudées, typiques du Bongolave.
Le landcruiser descend au pas des marches descalier de près
dun mètre de haut ! La latérite est fortement
ravinée, le sol meuble peut séchapper à tout
moment sous le poids du 4x4. Aux côtés de Luke, Julie est
impressionnée par le ravin qui plonge à-pic de son côté
Notre campement
est installé dans une charmante clairière. Nous avons quelques
jours pour jauger ces parcelles de forêt où les bûcherons
officient régulièrement
Cela
fait près dune demi-journée que nous tournons en rond
dans cette damnée forêt ! Partis relever nos pièges,
nous avons fini par nous perdre ! Il faut le bruit dun tigre
en cage pour finalement nous remettre sur le droit chemin. Cest
un fosa capturé, un solide mâle dans la force de lâge
qui a envoyé valdinguer un des pièges à plusieurs
mètres de sa position dorigine ! Nous jubilons
Avec Luke, nous nous affairons. Quelques prélèvements, autant
de mensurations et nous relâchons lanimal qui file comme une
flèche brune dans le sous bois de feuilles mortes
Première
expédition réussie !
La
route qui mène à Morondave se transforme subitement en piste
défoncée creusée de cratères plein de boue
durant près de 110 km à la sortie de Miandrivazo
Nous arrivons dans la forêt de Kirindy par lallée
des baobabs
La saison des amours du fosa na pas encore débuté
ici comme nous le confirme Cyril, le guide zoologiste au flair légendaire.
Nous pouvons donc repartir pour Zahamena à plus de mille kilomètres
sur là, il nous tiendra au courant de lévolution de
la situation. Les prémices de la saison, annoncés par un
comportement de lanimal qui se montre alors plus fréquemment
nous laisseront le temps de revenir durgence.
Dans
un premier temps, Jean-François décide deffectuer
seul avec Luke et son équipe la marche vers la forêt de Zahamena.
Il
sagit de juger si Julie sera en mesure de nous accompagner plus
tard. Pendant ce temps Isabelle enquêtera : des particuliers
possèderaient de jeunes fosas malades dans les environs de
Tamatave?
Lexpédition
savère très pénible. Elle traverse de nombreux
cours deau où sévit la bilharzioze, une parasitose
dangereuse. Il faut souvent marcher à découvert sous un
soleil de plomb et le sol est rendu extrèmement glissant par les
multiples averses. Pour finir, la forêt se trouve de lautre
côté dune crête à laquelle on accède
après une montée très abrupte
Mais une fois
au sommet, la surprise est totale
Cette forêt cachée
est un éden, sans aucun doute un des joyaux de lîle
Nous
installons le camp de base en bordure dune rivière qui dessine
une piscine en contrebas de notre clairière . Dans leau cristalline,
de grosses écrevisses viennent nous observer
A peine le temps
de jouir du spectacle et il faut à Jean-François trouver
la force de rebrousser chemin seul le long des 50km du parcours. Léquipe
de tournage est sur le point de débarquer sur lîle.
Il faut faire vite. Nous déciderons plus tard si Julie est apte
à supporter cette marche forcée. Quant au fosa, lorsque
nous reviendrons dans 2 semaines, Luke aura progressé dans ses
recherches
Nous sommes le 20 octobre 99.
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